Aujourd’hui le 10 septembre 2026
- Rapport USDA demain midi
- La guerre la guerre la guerre : Le diésel!
Par où commencer?
Honnêtement ça portrait être ça mon résumé. Juste : par où commencer. Pis jamais aller plus loin parce que j’ai commencé à saigner du nez avec toute l’actualité bouleversante. Ça tire de tout bord à la bourse, à la maison blanche, dans le détroit d’Ormuz. Ça tire… partout. Ça tire du jus. On ne devient pas un bon capitaine de bateau à rester amarré au port, ça prend des tempêtes pour s’aiguiser et bâtir son expertise. Les tarifs et les contre-tarifs, le pétrole, le diesel, le huard, les taux d’intérêt, l’inflation, les récoltes, les rendements, les inventaires, les exportations, les importations, les fonds spéculatifs, les guerres, les élections, les budgets, les déficits, les emplois, les mises à pied, les consommateurs qui dépensent, ceux qui ne dépensent plus, les banques centrales qui parlent beaucoup pour parfois ne rien dire, les marchés qui montent sur de mauvaises nouvelles, qui baissent sur de bonnes nouvelles et qui changent d’idée avant même qu’on ait terminé d’expliquer pourquoi… sans oublier la météo, la géopolitique, les tweets présidentiels, les rumeurs, les chiffres révisés, les tableaux illisibles, les graphiques qui donnent le vertige, le maïs, le soya, le blé, le porc, le bœuf, les engrais, le fret, les marges, les devises, Wall Street, Bay Street, Washington, Ottawa, Québec, Pékin, Moscou, Bruxelles et, quelque part au milieu de tout cela, un producteur, un entrepreneur ou une famille qui essaie simplement de comprendre combien ça coûtera faire le plein pis l’épicerie demain matin.
Bref, la matière première ne manque pas. Bienvenue dans L’Alambic à Brière : la machine à distiller l’information. On va filtrer le bruit, garder ce qui compte et, comme toujours, se promener un peu en chemin.
Essayons de commencer par le début, sans se perdre en chemin? Gros défi. M’enfin.
Un mot sur le pétrole (diésel)
Je pourrais écrire un rapport de recherche de 50 pages, mais gardons l’essentiel. La guerre n’est pas finie, loin de là, et le pétrole repasse au-dessus de 100$ le baril. Le diésel atteint un prix record! Le diesel, ce n’est pas seulement un prix affiché (EN VERT!) à la station-service. C’est le carburant invisible de l’économie. Quand l’essence augmente, le consommateur le voit immédiatement. Quand le diesel augmente, il le paie souvent sans le voir : dans son panier d’épicerie, ses matériaux de construction, ses colis, ses travaux municipaux et éventuellement ses taxes. Le pétrole est cher, mais il a déjà été plus cher. Mais le diésel est record aujourd’hui. L’essence est le carburant du déplacement personnel. Le diesel est le carburant du déplacement économique. On peut repousser une promenade en voiture, mais l’épicerie doit toujours être livrée, la récolte doit sortir du champ et la déneigeuse doit passer, la STM doit faire déplacer ses autobus.
Calcul $$ agricole : en régie conventionnelle je calcul environ 25 litres à l’acre de consommation de fuel. Une ferme de 800 acres (moyenne canadienne) représente donc 20 milles litres. Si je regarde à la régie de l’énergie l’an passé je vois 1.68$ et maintenant je vois 2.70$... bref une hausse de 1$ le litre… Calcul mathématique rapide : la facture augmente de 20 milles tomates. Je pense que mon calcul est conservateur, je ne serais pas surpris de voir des factures plus salées. M’enfin.

Un mot sur les grains (maïs & soja)
Les marchés des grains conservent une tendance positive, soutenus par la guerre, la hausse de l’énergie et la prime de risque géopolitique. Les rendements américains s’annoncent moins bons que prévu au printemps, sans être catastrophiques pour autant. Le Pro Farmer Crop Tour avait d’ailleurs déjà soulevé certaines faiblesses sur le terrain, et le rapport USDA de demain nous permettra de voir jusqu’à quel point elles se traduisent dans les chiffres officiels. Pendant ce temps, les meuneries trouvent le temps long : le coût de l’alimentation animale explose sans que la rentabilité de l’élevage compense suffisamment la hausse. Les marges d’éthanol demeurent également comprimées, malgré le prix élevé du pétrole. Bref, aucun facteur n’est explosif à lui seul, mais l’ensemble concocte tout de même un mélange plutôt positif pour les prix. À voir si l’USDA ajoutera demain un nouvel ingrédient à la recette.




Simon Briere | Stratège Principal
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