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Le maïs à 300 $ et un dangereux bras de fer

12 août 2026, RJO'Brien

Selon le niveau retenu pour le taux de change et la base locale, les contrats à terme de mars offrent essentiellement un prix du maïs à la ferme d’environ 300 $ CA la tonne au Québec.

Le problème, c’est que les prix du porc sont présentement horribles. Ça finira par aller mieux… du moins, espérons-le. Entre-temps, plusieurs meuneries sont déjà bien couvertes ou ne peuvent tout simplement pas être rentables en achetant du maïs à ces niveaux. De leur côté, les producteurs de grains soutiennent que leurs coûts de production sont trop élevés pour accepter un prix inférieur.

Cela crée un dangereux bras de fer. Le Québec et l’Ontario se dirigent vraisemblablement vers une récolte importante, tandis que les États-Unis auront également des surplus de maïs à écouler. Si les prix locaux demeurent trop élevés, les importations pourraient éventuellement combler l’écart… et nous ramener à la case départ.

Prudence.

 

Question pertinente que j’ai reçue, et que je partage avec vous.

Q : Bonjour Simon est-ce qu’on peut espérer vendre à l’exportation vers les pays d’Europe qui ont souffert de sécheresse cette été 

Ma réponse :

Oui, il y aura probablement de l’exportation, mais il faut demeurer prudent. La grande question n’est pas seulement de savoir si le maïs sera exporté,mais surtout à quel prix.

Le marché d’exportation est généralement celui qui paie le moins, puisqu’il sert essentiellement à écouler les surplus. Pour que cela fonctionne cette année, deux conditions devront être réunies :

  • Les exportateurs auront-ils la capacité logistique de le faire? Les infrastructures sont limitées et il manque actuellement de bateaux pour sortir tout ce grain. À quel prix seront-ils capables de le faire?
  • Les États-Unis ont du grain à vendre, et l’Amérique du Sud aussi. Oui, l’Europe devrait avoir des besoins et ira chercher du maïs, mais elle aura plusieurs origines parmi lesquelles choisir. Encore une fois, la véritable question demeure : à quel prix?

On se retrouve donc dans une situation où chaque producteur espère secrètement que ce sera son voisin qui vendra son maïs à rabais sur le marché d’exportation. Cela lui laisserait ensuite le champ libre pour vendre son propre grain à une meunerie plus proche, à un meilleur prix. Le problème, c’est que le voisin espère exactement la même chose de vous.

Et tout cela, sans compter les wagons de maïs qui pourraient entrer au Québec en provenance de l’Ontario ou des États-Unis pour combler les besoins si les producteurs locaux ne vendent pas suffisamment rapidement, facilement ou à un prix jugé acceptable par les acheteurs.

Il y aura donc de l’exportation, oui. Mais quelqu’un devra accepter le prix d’exportation pour permettre au marché local de mieux respirer. Toute la question est de savoir qui… et à quel prix.

Simon

Simon Briere | Stratège Principal

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