Aujourd’hui le 22 juillet 2026
Maïs 2026 : un scénario haussier à la 2010 est-il vraiment possible?
Lire mon texte… mais garder ceci en tête… constamment :La gestion du risque n’a pas d’émotions. Il n’est pas nécessaire de prédire le sommet, il faut simplement savoir reconnaître une bonne occasion lorsque les chiffres font du sens.D’ailleurs…. La moitié des analystes estime que le mouvement est largement exagéré, tandis que l’autre moitié y voit un signal extrêmement haussier… Hahaha! Bref, comme toujours, les perspectives sont limpides ! Clair clair clair!!
M’enfin.
J’veux pas êtrebearish, j’veux pas êtrebullishnon plus. J’fais juste discuter et mettre sur papier deux trois affaires pour nous donner un peu de perspective et comparer cette année avec…. 2010
Wow… Je viens de réaliser que je suis maintenant assez vieux pour dire : « Ça me rappelle la fois ou… », avant d’enchaîner avec une histoire de marché qui remonte à près de 15-20 ans. Comment puis-je encore me sentir si jeune, tout en ayant l’air si vieux? Suivre les marchés en direct pendant 20 ans finit apparemment par nous faire perdre quelques billes en chemin. M’enfin.
Petite parenthèse : considérant que je travaille probablement de 50 à 60 heures par semaine, non pas que je sois du genre à les compter ou que je suis syndiqué (LOL!!!), je serais sans doute déjà presque rendu à la retraite si je travaillais comme un fonctionnaire pour le gouvernement. Fou, non? J’pourrais dire à grand’pamoé-si j’suis à ma pension après toutes mes années (heures) de service. Bref, revenons aux marchés financiers…
Le maïs pourrait-il réellement connaître une remontée comparable à celle de 2010? Oui… je veux dire, tout est possible… mais quelle est la probabilité que cela se produise? Voilà la vraie question. À mon avis, il faudrait une importante déception sur le rendement en fin de saison, et non simplement quelques épisodes de sécheresse dispersés.
2010 : 88 millions d’acres ensemencés, rendement révisé de 163,5 boisseaux/acre en juillet à 155,8 en octobre… ratio stocks/utilisation de 6,7 % — très serré.
2026 : 95 millions d’acres ensemencés, rendement actuellement estimé à 183 boisseaux/acre et ratio stocks/utilisation de 11 % — adéquat.
Les conditions actuelles du maïs, près de 68 % bonnes à excellentes, sont approximativement comparables à celles de 2024, mais inférieures à celles de 2025. Meilleurs que 2022 et 2023 aussi. Bref ça va généralement bien dans le champ. Cela laisse vaguement entrevoir un rendement près de la tendance ou légèrement inférieur plutôt que le résultat nettement inférieur/supérieur à la tendance observée.

En 2010, l’USDA avait abaissé son estimation de rendement de 163,5 boisseaux/acre en juillet à 155,8 en octobre, soit un recul de 7,7 boisseaux. Plus important encore, le ratio stocks/utilisation américain était passé d’environ 10,3 % à 6,7 %, transformant un bilan relativement confortable en un marché nécessitant un rationnement de la demande. D’où la hausse de prix!

En appliquant une baisse proportionnelle similaire à la prévision actuelle de 183,0 boisseaux, le rendement final se situerait autour de 174–175 boisseaux/acre. En supposant que la demande demeure relativement ferme, le ratio stocks/utilisation pourrait alors reculer de 11,0 % vers 6,5–7,0 %, soit un niveau comparable à celui de 2010, et potentiellement soutenir des prix du maïs autour de 6,00 $ ou plus. Pas facile à faire, mais pas nécessairement impossible non plus.
Cela dit, je considère déjà les projections de demande de l’USDA pour 2026 comme quelque peu optimistes. Une hausse des prix entraînerait inévitablement un rationnement de la demande, particulièrement du côté des exportations, de l’éthanol et de l’alimentation animale. Cela limiterait à la fois la baisse du ratio stocks/utilisation et le potentiel haussier des prix. Les cheptels actuels ne laissent pas non plus entrevoir une hausse importante de l’utilisation pour le feed. Autrement dit, un rendement de 175 boisseaux serait très haussier, mais les ajustements de la demande pourraient empêcher le bilan et les prix de reproduire pleinement le scénario de 2010.

Si j’utilise un graphique en pourcentage comme celui-ci, un mouvement comparable à celui de 2010 ferait vaguement passer le maïs décembre 2026 d’environ 4,95 $ aujourd’hui vers 5,60 $, avec une pointe temporaire au-dessus de 6,00 $ dans un scénario plus extrême. Il s’agit davantage d’une mise en perspective que d’une prévision, mais 5,50 $ semble (possiblement?) atteignablesile rendement déçoit ousiune prime météo revient dans le marché. Pour maintenir de tels niveaux, il faudrait toutefois des pertes de production confirmées et une demande résiliente, puisque les ventes des producteurs et le rationnement de la demande limiteraient probablement le potentiel haussier. Ca va prendre quelques « si » d’accoté pour y arriver, mais encore là…. Rien d’impossible? Mais prenez garde à ces scénario (plutôt?) apocalyptique ou (trop?) bullish.

Une baisse plus modeste du rendement vers 179–180 boisseaux/acre serait certainement un peu haussière, mais le ratio stocks/utilisation demeurerait probablement autour de 9–10 %, ce qui serait vraisemblablement insuffisant pour recréer pleinement le mouvement de 2010.
Le principal risque est que, comme en 2010, les dommages ne se présentent pas aujourd’hui sous la forme d’une sécheresse évidente dans la Corn Belt. Ils pourraient plutôt apparaître plus tard en raison du stress thermique, d’une humidité insuffisante dans le sous-sol, d’un mauvais remplissage du grain, de maladies ou d’un poids des épis décevant.
Bref, une remontée partielle comparable à celle de 2010 n’est pas impossible, mais une véritable répétition du scénario nécessiterait probablement un rendement national autour de 175 boisseaux/acre, un ratio stocks/utilisation près de 7 % et une demande qui demeure solide.
Pas si facile que cela à faire… soyez prudent!
La moitié des analystes affirme que le mouvement est complètement exagéré, tandis que l’autre moitié le juge extrêmement haussier… Hahaha! Comme toujours, les perspectives sont parfaitement claires, n’est-ce pas!?
Cela dit, lorsqu’on combine les contrats à terme, la base et le dollar canadien, les prix actuels ne sont certainement « pas mauvais », à mon avis. C’est particulièrement vrai considérant que nous anticipons une récolte convenable, voire massive, ici en Ontario et au Québec.
La gestion du risque n’a pas d’émotions. Il n’est pas nécessaire de prédire le sommet, il faut simplement savoir reconnaître une bonne occasion lorsque les chiffres font du sens.
Bonne journée à tous!


Simon Briere | Stratège Principal
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