Vendredi 22 mai 2026
Le Michigan Consumer Sentiment Index vient de tomber près de ses plus bas niveaux historiques, signalant qu’une grande partie des consommateurs américains se sentent plus pessimistes envers l’économie aujourd’hui qu’à presque n’importe quel autre moment des dernières décennies… malgré des marchés boursiers près de records historiques.
Certaines générations plus âgées vivent probablement l’un des meilleurs environnements de création de richesse par les actifs de l’histoire… pendant que plusieurs jeunes familles font face à l’un des pires contextes d’accessibilité financière jamais vus. La bourse dit « boom », mais les jeunes familles qui regardent le prix des maisons, des garderies, de l’épicerie et les taux d’intérêt risquent fortement d’être en désaccord. Petit rappel : la bourse n’est pas l’économie. Les marchés reflètent surtout les profits corporatifs, la liquidité et la croissance des actifs… alors que « l’économie » pour la majorité des gens, ce sont les salaires, l’accessibilité au logement, l’épicerie, les paiements de dettes et la sécurité d’emploi. Les deux sont évidemment liés et s’influencent mutuellement avec le temps. Une économie forte aide généralement les profits des entreprises, et des marchés haussiers peuvent créer des effets de richesse et de confiance. Mais parfois, les deux peuvent diverger pendant des mois… voire des années.
Quand les prix des actifs augmentent plus vite que les salaires pendant des décennies, ça finit par ne plus sembler accidentel… Les économies modernes semblent de plus en plus conçues pour protéger les actifs en premier.
**((Ma théorie personnelle sur la déconnexion Wall Street / Main Street))**
Il y a quelque chose de psychologiquement fascinant dans l’économie actuelle. La confiance des consommateurs est près de creux historiques pendant que la bourse se retrouve près de sommets historiques. En théorie, ces deux éléments devraient évoluer relativement ensemble à long terme… mais pour beaucoup de jeunes familles, ils donnent maintenant l’impression d’être deux réalités complètement différentes. Les manchettes célèbrent les portefeuilles en hausse et les records boursiers, pendant que des millions de gens se concentrent surtout sur le loyer, l’hypothèque, l’épicerie, les garderies et les paiements mensuels. Et peut-être que cette déconnexion devient elle-même une partie du problème.
Je soupçonne même que le moral des consommateurs est encore plus faible à cause de l’effet constant de comparaison sociale. La psychologie humaine évalue rarement la vie de façon absolue… on se compare aux autres. Albert Einstein E=MC2 tout est relatif. C’est un peu comme deux personnes qui entrent dans un gym : l’une se sent très bien… jusqu’à ce qu’elle se retrouve à côté de quelqu’un de plus fort, plus jeune ou plus beau. Les réseaux sociaux amplifient énormément cette dynamique. Chaque jour, les gens sont bombardés de manchettes sur les records boursiers, de captures d’écran de gains de trading (les gains seulement évidemment… jamais les pertes), de richesse immobilière et d’histoires de réussite financière, de copieux souper au restaurant ou de voyages tropicaux pendant que plusieurs ont l’impression de simplement essayer de survivre d’un mois à l’autre.
Quand les gens se sentent exclus des actifs mêmes qui sont supposés représenter la prospérité économique, l’optimisme peut tranquillement laisser place à la frustration, au ressentiment et à un sentiment grandissant d’exclusion. La bourse peut créer une richesse immense avec le temps grâce à l’effet de composition… mais seulement pour ceux qui ont suffisamment de stabilité financière pour pouvoir participer au départ.
Je pense effectivement qu’une partie de cette déconnexion vient du phénomène de comparaison sociale. Quand les temps sont difficiles mais que tout le monde semble vivre la même réalité, il y a souvent plus de solidarité, plus d’empathie… et étrangement parfois même plus de bonheur collectif. Ça me rappelle d’ailleurs un voyage à Cuba quand j’avais 18 ans. Je sais très bien que plusieurs régions là-bas vivent dans une pauvreté réelle et difficile. Pourtant, en explorant La Havane à l’extérieur des zones touristiques, j’avais été complètement frappé par la joie de vivre des gens. Les rues vibraient de musique live, les gens dansaient, riaient, fumaient des cigares, parlaient avec les voisins… et malgré le très peu de moyens matériels, il semblait y avoir une forme de bonheur collectif et de connexion humaine que je trouvais presque déroutante. Je me souviens m’être demandé : comment peuvent-ils avoir si peu… et pourtant sembler parfois plus heureux que nous? Évidemment, la pauvreté n’est pas romantique et personne ne souhaite manquer de nourriture, de soins ou d’opportunités. Mais cette expérience m’a marqué. Elle m’a fait réaliser que le bonheur humain semble souvent beaucoup plus lié au sentiment d’appartenance, à la communauté et à la comparaison sociale qu’au simple niveau absolu de richesse.
M’enfin.
Mais quand certains affichent des records de richesse pendant que d’autres peinent simplement à suivre le coût de la vie, la difficulté devient beaucoup plus personnelle et psychologiquement lourde.


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