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Recap marchés : mardi le 7 avril

07 avril 2026, RJO'Brien

Bonjour, aujourd’hui  mardi 7 avril 2026

  • Encore un ultimatum aujourd’hui… et le marché commence à montrer des signes de fatigue
  • Le pétrole reste au-dessus de 114 $, gardant la pression sur l’économie réelle
  • Les actions corrigent légèrement, sans tomber en mode panique nécessairement
  • Le fameux oasis de désescalade ressemble toujours à un mirage

Le thème ce matin, c’est simple : encore un ultime ultimatum. Celui d’aujourd’hui est à 20h… ou pas. On verra.

Un de plus. À force de voir les délais se succéder, le marché commence à intégrer non seulement le risque géopolitique lui-même, mais aussi la fatigue psychologique créée par ces comptes à rebours sans véritable percée diplomatique. À force d’en entendre, le marché commence à réagir comme un partisan du Canadien de Montréal en fin de saison. On nous dit toujours que « le prochain match est le plus important de l’année », puis une semaine plus tard on se retrouve avec un 17e match le plus important de l’année. À un moment donné, la formule s’use, et ce n’est plus seulement le résultat qui compte, mais la crédibilité même du discours.

Ou sinon, hier je vous parlais du dromadaire et du mirage de l’oasis… choisissez l’allégorie qui vous parle le plus. Après tout, on sort à peine du week-end de Pâques, alors on peut bien rester dans cette ambiance de paraboles, d’images fortes et de résurrection annoncée… qui tarde toujours un peu à se matérialiser sur les marchés. Je disais que j’ai presque l’impression que les investisseurs avancent comme un dromadaire dans le désert, apercevant au loin le mirage d’une oasis qui semble enfin annoncer la fin du voyage… mais qui n’arrive jamais. Chaque nouveau 48 heures, chaque nouveau délai, chaque nouvelle menace sur Hormuz donne l’impression qu’on approche enfin d’une vraie résolution, puis l’horizon recule encore. Financièrement, cette fatigue devient palpable.

Les manchettes de ce matin vont exactement dans ce sens : l’Iran rejette le cessez-le-feu alors que l’échéance approche, et les médias parlent déjà « another Trump ultimatum », laissant les investisseurs à nouveau sans réelle direction claire. Le marché doit donc, une fois de plus, réévaluer si ce sablier est un vrai signal… ou simplement une autre extension du désert. Je réitère aussi le risque plus politique que j’évoquais hier, encore faible, mais qui grandit tranquillement dans la réflexion de marché. Et si Trump avait déjà mentalement fait son tout-pour-le-tout en intégrant qu’il pourrait perdre une partie importante du contrôle politique aux prochaines élections? Dans ce scénario, la logique électorale classique change. Le coût politique à moyen terme compte moins, et les gestes spectaculaires à court terme peuvent prendre encore plus de place. C’est un risque encore marginal dans le narratif dominant, mais il commence à mériter une place dans l’analyse, surtout à mesure que les ultimatums se multiplient et que la gestion du temps politique ressemble davantage à une fuite vers l’avant qu’à une véritable stratégie de résolution.

Au fond, le marché n’est plus seulement en train de lire les manchettes. Il commence à mesurer la crédibilité même des ultimatums. Et tant que l’oasis de désescalade restera un mirage au loin, le désert économique (pétrole élevé, taux lourds, coût du capital et inflation logistique) continuera de s’étirer.

Le pétrole reste très ferme autour de 114–115 $, pendant que le diesel continue d’exploser au-dessus de 4,50 $. À ces niveaux, ce n’est plus seulement une histoire de brut, c’est une pression directe sur le camionnage, l’agriculture, les coûts de transport, les fertilisants et ultimement le coût de la vie.

Sur les marchés financiers, la réaction reste plus disciplinée que lors des premières vagues. Le S&P 500 recule d’environ 0,4 %, le Nasdaq autour de 0,5 %, alors que le VIX remonte vers 24. Ce n’est pas un marché en panique, mais plutôt un marché qui commence à s’user mentalement face à l’absence de résolution réelle.

Simon Briere | Stratège Principal

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