Nouvelles RJO'Brien

Agro-Lettre RJO

02 mars 2026, RJO'Brien

Aujourd’hui le 2 mars 2026

Résumé et analyse d’une journée en apparence calme si on regarde les prix de fermeture, mais qui a été remplie de mouvement boursier.

Mais pour l’instant, les marchés réagissent de manière relativement ordonnée, et la situation demeure globalement sous contrôle.

Malgré la tension géopolitique et les risques de choc pétrolier, les grains sont restés plutôt stable, même qu’ils ont essentiellement tous perdu du terrain aujourd’hui. Il n’y a que l’huile de soja (biodiésel) qui a clôturé en hausse. 

Quand on parle des tensions avec l’Iran, la première chose que les marchés regardent est le détroit d’Hormuz. C’est un point de passage stratégique pour l’énergie mondiale. Environ 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour, soit près de 20 millions de barils par jour. Plusieurs grands producteurs utilisent cette route : l’Arabie saoudite produit environ 10 à 11 millions de barils par jour, l’Irak autour de 4,5 millions, les Émirats arabes unis 3,5 millions, le Koweït 2,7 millions et l’Iran environ 3 millions. Au total, la production de cette région représente plus de 25 millions de barils par jour, alors que la production mondiale tourne autour de 100 millions de barils par jour.

C’est pour cette raison que les marchés surveillent la situation de très près. Une perturbation importante pourrait théoriquement affecter près du quart de l’offre mondiale. Mais il faut aussi rappeler qu’il existe un filet de sécurité. Les grandes économies disposent de réserves stratégiques de pétrole qui peuvent être libérées en cas de choc d’approvisionnement. On l’a vu en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, lorsque plusieurs pays ont utilisé ces réserves pour stabiliser les marchés.

Justement, la comparaison avec la guerre en Ukraine en 2022 revient souvent, mais le contexte est très différent. À ce moment-là, l’économie mondiale sortait de la pandémie, les chaînes d’approvisionnement étaient fragiles et les inventaires faibles. Le conflit avait frappé plusieurs marchés à la fois : l’énergie, les céréales comme le blé, les engrais et certains métaux industriels. Cela avait créé un véritable choc global sur les matières premières et alimenté l’inflation. Avec l’Iran, l’impact potentiel est beaucoup plus concentré sur le pétrole. L’Iran est un producteur d’énergie important, mais il ne joue pas un rôle majeur dans les exportations mondiales de céréales ou d’engrais. On parle donc davantage d’un risque énergétique, et non d’un choc simultané sur plusieurs marchés comme en 2022.

Il y a aussi un élément politique important aux États-Unis. Le président Donald Trump a été élu en grande partie sur la question du coût de la vie et de l’inflation, et les prix de l’essence sont un symbole très visible pour les consommateurs américains. Son message économique met beaucoup l’accent sur la domination énergétique américaine, souvent résumé par l’expression “drill baby drill”. L’objectif est simple : produire davantage d’énergie pour maintenir les prix bas. Un conflit prolongé avec l’Iran qui ferait monter fortement le pétrole irait directement à l’encontre de cet objectif. C’est pourquoi les marchés supposent généralement qu’il existe une forte incitation politique à éviter un choc pétrolier durable.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que les marchés financiers réagissent de façon assez rationnelle. Le pétrole monte, l’or progresse comme valeur refuge, la bourse recule un peu, mais sans panique. Le S&P 500 est en baisse, mais on est loin d’un mouvement de crise. Cela suggère que les investisseurs anticipent pour l’instant un scénario de tensions contenues plutôt qu’une escalade majeure.

Et si on ramène la discussion à l’échelle locale, ce que les gens regardent surtout ici, c’est le prix de l’essence. Comme on peut le voir sur le graphique, le prix à la pompe suit généralement la tendance du pétrole, mais pas toujours parfaitement. Le taux de change, les marges de raffinage et les taxes jouent aussi un rôle.

Donc oui, la situation géopolitique est sérieuse et elle mérite d’être surveillée de près.

Mais pour l’instant, les marchés réagissent de manière relativement ordonnée, et la situation demeure globalement sous contrôle.

Demain est un autre jour, on verra ce que la bourse nous réserve comme surprise. 

Bonne soirée, 

Complément d’information :

Simon Briere | Stratège Principal

Office: +1 514-218-6888

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1250 Boul René Lévesque Ouest | Bureau 4120 | Montréal | Québec H3B 4W8

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