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Nouvelles RJO'Brien

RJO - Extra viande

19 novembre 2020, RJO'Brien

Bonjour,

Les contrats à terme de porc continuent de prendre l’eau avec des baisses ce matin, et ce, enregistrées sur toutes les échéances. Les Etats-Unis continuent d’enregistrer une hausse importante des cas de Covid-19 dans la population en général et la crainte demeure que certains travailleurs dans les abattoirs puissent être contaminés. La Chine ne fera pas de quartier aux Américains si jamais on devait avoir une multiplication des cas de covid dans les abattoirs; une fermeture des frontières pourrait bien suivre ou à tout le moins une réduction des exportations de viande de porcs américains vers la Chine.

Les contrats à terme baisse aussi en raison de la baisse du prix de la découpe. Hier, le USDA rapportait que le prix glissait à $77.68 USD / 100 livres. Le prix au comptant se situait autour de $69.10 USD / 100 livres. Tout ce mouvement fait partie de la saisonnalité normale et ne devrait surprendre personne. La montée du mois d’octobre était probablement la surprise de l’automne.

Prix au comptant

Prix de la découpe

Ainsi les craintes liées à la Covid, au ralentissement des exportations, une sortie des spéculateurs font en sorte que le marché pourrait se diriger vers les creux récents.

Parlant des exportations, le USDA rapportait que les Américains avaient vendu 28 900 tonnes métriques de viande de porc sur les marchés étrangers. La Chine n’avait acquis que 2100 tonnes métrique du total se plaçant en 5ieme place de la liste des importateurs. Le Mexique (8700 tonnes), le Canada (5100 tonnes) et la Corée du Sud (5000 tonnes) occupent les 3 premières places. En finalité, le total des ventes est correct sans plus; rien d’excitant, mais rien de décevant.

Je voulais suggérer 2 pistes de réflexion ce matin quand on regarde les prix du porc pour 2021. Les prix des contrats ne peuvent pas tant baisser (en théorie) puisque les coûts de l’alimentation sont en forte hausse depuis maintenant plus de 2 mois. Le maïs, le tourteau, la drêche, le gru, etc, tous ces produits sont plus rares soudainement et les prix viennent en conséquence. Si les prix du porc venaient à baisser davantage, ce serait pour des raisons bien malheureuses, mais la logique économique veut que les prix pourraient se maintenir en raison des coûts élevés des moulées. La Chine est une des grandes responsables de la flambée de prix des moulées en Amérique du Nord. Évidemment, les producteurs de grandes cultures sont tout sourire ces temps-ci puisqu’ils reçoivent des prix généreux. A l’opposée,  les producteurs de porcs rongent leur frein en attendant de meilleurs jours. La hausse immodérée des prix de la moulée vient surtout du changement structurel de la production chinoise en matière de production porcine. Plusieurs petites fermes de village dans la Chine ne produisent plus autant de porcs qu’avant la peste porcine africaine alors que la production a été dirigée vers de grands groupes qui produisent une moulée ressemblant à la moulée nord-américaine. Auparavant, les restants de table étaient donner aux cochons et comme plus de 50% de la production porcine chinoise provenait de petits élevages, la demande en mais et en tourteau de soya était probablement plus petite dans cette époque pas si lointaine. Le virage vers la grande production apporte une consommation plus grande de moulée de type mais/soya et moins d’autres choses de style chou/riz, etc. Bref vous voyez le topo ici. En plus, d’une croissance du cheptel en 2020/2021 couplée avec probablement une réduction des inventaires de grains (non-publiée par les autorités chinoises), les prix des grains pourraient subir encore une poussée que personne de percevait jusqu’à tout récemment.

L’autre chose qu’il faut souligner avant d’être trop pessimiste sur le prix du porc en Amérique, c’est la fait que les abattages quotidien et hebdomadaire demeurent aisément sous le niveau prévu. Pour les trois jours d’abattages cette semaine, le USDA avait dénombré 20 000 porcs en moins par rapport à 2019. De plus, il faut noter que le nombre de truies abattues demeurent en forte hausse en 2020. Depuis le début de l’année 2020, on enregistre une hausse de ces abattages de presque 11.5%. Et il n’est pas certain que ces truies aient été toutes remplacées par les producteurs. Il est de moins en moins certain que l’industrie sera en croissance en Amérique du Nord. On note quelque chose de similaire avec le nombre d’œuf sous incubation aux États-Unis, le nombre de poussins et incidemment le nombre de poulet sera probablement en baisse au cours des prochaines semaines. Conclusion, probablement moins de viande tout court pour finir 2020 et au commencement de 2021.

FREDERIC HAMEL, CFA 

Stratège de marché chez R.J. O'Brien & Associés Canada Inc.
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