Me connecter Créer mon compte

Nouvelles RJO'Brien

Agro-Lettre RJO

23 mars 2020, RJO'Brien

Aujourd’hui le 21 mars

Bon, enfin un matin ou on ne perd pas de l’argent. Simon, on est samedi la bourse est fermée! Oh, c’était trop beau pour être vrai. Ugh.

À force de travailler de la maison on oublie un peu quel jour on est. J’feel comme la semaine entre Noel et Jour de l’An quand tout est un peu mêlé, mais sans le bonheur d’un restant de dinde-atocas-patates-pilées pour déjeuner pis les 6 marsouins de mes frères et sœurs qui se tiraillent dans le salon devant ciné-cadeau.

Pis ce n’est pas fini. On en a pour de semaines je pense. Pis la bourse n’a pas fini d’être rock n roll et de jouer au limbo pour savoir jusqu’où elle peut baisser.

Y’a tu quelqu’un ici qui pense que les écoles vont rouvrir la semaine prochaine? Ha. Ha. Mon œil ouais.

Je suis à la veille de fermer la tivi au complet – en fait c’est déjà fait (presque). J’ai toffé une journée. Les nouvelles en continue n’aident pas à calmer la population je trouve. De l’information, oui. Des points de presse, oui. De la transparence, oui. Tout ça. Mais faire 24 heures de tivi en direct tu tournes en rond assez vite merci pis les questions hypothétiques et apocalyptiques de Ginette de Thetford Mines qui s’inquiète si elle va pouvoir sortir son chien au parc n’aide pas vraiment à faire avancer les choses. La question est valide, l’inquiétude aussi, mais je ne pense pas que c’est de la matière à passer à la tivi nationale. La situation actuellement me fait penser aux réseaux de sport le jour de la date limite des échanges. Tout d’un coup les animateurs s’excitent avec les oh, oh, on a un échange entre Bobby Mc-Jsais-Pas-Qui un joueur de 4e ligne des Sharks de San Jose contre Martin Nobodé un espoir des ligues mineures de Flames de Calgary. Finalement on a fait 10 heures de télévision en direct pis on aurait pu écouter 10 minutes de Sport30. Le trop plein de nouvelles me faire perdre le fil d’on en est rendu où pis ce qui est important ou non. Si on pouvait s’en tenir à l’essentiel; l’échange de Bobby Bobby Mc-Jsais-Pas-Qui contre un jack strap pis une douzaine de palettes ça ne nous importe pas tant, mais si on touche à Crosby ou Carey Price JE VEUX SAVOIR BON!

Ok, c’est beau j’me suis vidé le cœur. Merci d’être venu à mon TedTalk.

L’apocalypse et le danger des je-te-l’avais-dit.

Je n’arrête pas de voir sur les sites de nouvelles et les réseaux sociaux comme quoi un docteur de tel ou telle organisation avait prévenu tout le monde de la prochaine pandémie, etc… Moi je ne les connais pas ces gens-là, mais prenons pour acquis que ce ne sont pas des nobodé et sont des experts dans le domaine. Ceci étant dit, lancer des prédictions comme ça vient avec des risques. Je ne sais pas si je vais être capable de mettre sur papier ce que j’ai dans le coco, mais je vais essayer pareil.

Ça me fait penser à l’analyste en devise de Macquarie il y a une couple d’année qui avait prédit que le dollar canadien allait dropper à 69 cents alors qu’il se trouvait à 80 cents. Ça passé dans les nouvelles pis toute : à lire ici si tu veux. Donc tout d’un coup ce dude là est devenu super populaire parce que OMG il a eu raison sur sa prédiction peu probable et ce gars-là n’est pas un nono, c’est un expert. Donc bingo, méga crédibilité tout le monde maintenant veut savoir ce qu’il pense. C’est à ce moment-là qu’il a renchérit que le dollar allait maintenant baisser jusqu’à 59 cents! Wow! Fou braque. Mais là tu fais quoi… tu le traite de malade ou tu le suis aveuglément? Après tout c’est un expert qui vient de te démontrer qu’il sait de quoi et il parle… ça te joue dans la tête, han? Finalement qu’est-ce qui est arrivé? Le dollar a remonté à 80 cent rendu à l’automne pis il n’est même pas passé proche de toucher 59 cents.

Qu’on se comprenne, je ne dis pas qu’il faut rejeter ce qu’on entend pis que je suis devenu comme mon chum Donald et ses Fake News – LOIN DE LÀ – mais des fois j’essaie de rester critique face à tout ça et je me méfie des j’te l’avais dit. Un de mes bon chum, il s’appelle Simon lui aussi, il fait toujours des paris sportifs pas-possible, et à force d’en faire un moment donné il en pogne un qui rapporte.

CHECK CA BRI (mes amis m’appelle « Bri ») J’TE L’AVAIS DIT QUE LES CANADIENS ALLAIENT GAGNER 9-1 CONTRE LA FLORIDE UN VENDREDI 13 PIS QU’ON ALLAIT SCORER 4 BUTS EN TROISIÈME PÉRIODE AVEC UN SLAPSHOT DE WEBER DÉVIÉ PAR MAX DOMI!
Ben oui buddé, bravo.
Haha j’ai fait 200$ avec ça je fais du 20,000% de rendement!
Dude, ça fait au moins 700$ que tu perds à date ne vient pas me dire que t’es bon.
Ta yeule Bri.
Peut-être que je suis naïf? M’enfin.

Je me méfie des j’te l’avais dit. Parce que je trouve qu’en fin de compte personne ne le sait vraiment. Parce que je trouve ça aussi moralisateur, pis ça me casse les couilles.

Je ne peux pas savoir si le dollar va aller à 59 cents. En fait personne ne le sait. Je peux cependant évaluer ce qui se passerait si le dollar va à 59 cents. C’est plus ça mon thinking en ce moment; qu’est-ce qui arrive si ?

Qu’arrive-t-il si le dollar chute encore. Ou la bourse des actions. Ou les grains. Parce que d’essayer de prédire si ça va arriver ou pas c’est un ostifie de casse-tête que même les experts (COMME MOI!) ne sont pas capables de prédire tout le temps. C’est comme le gars qui dit que ça marche à 100%, mais juste la moitié du temps. On peut avoir de bonnes idées. Des bonnes prédictions. Des analyses intelligentes. Mais au final ce n’est pas gagné d’avance. Pis on vit dans un monde en mouvement. La situation il y a un mois est différente de la semaine passée et d’aujourd’hui – et on va être ailleurs dans une semaine, un mois, un an. Life goes on.

La seule chose que je peux être sûr c’est que s’il te reste 1,000 tonnes à vendre et que le prix chute de 20$ la tonne ben c’est 20,000 tomates en moins dans ta poche. Pis si le prix monte de 50$ ben c’est 50,000 piasses de plus. Ça, c’est quantifiable.
C’est ça la gestion de risque. La gestion de risque n’est pas de prédire si* le prix va baisser ou monter (ça c’est de la spéculation), mais bien d’identifier le risque, évaluer les impacts et trouver une solution pour se protéger contre ces risques. La nuance est CAPITALE.

Sur ce, puisqu’on est tous (ou presque) à la maison, TRAVAILLEZ DONC SUR VOTRE PLAN DE MISE EN MARCHÉ POUR LA RÉCOLTE QUI S’EN VIENT. Cout de production, objectifs de ventes…Pour les acheteurs de grain, vérifiez votre ligne de crédit, l’entreposage, les bases… Pis si ce n’est pas déjà fait ouvrez-vous un compte de courtage (avec moi, duh!) il n’y pas un meilleur moment pour le faire.

Ce qui se passe en ce moment est du jamais vu. Pis je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Je ne veux pas minimiser ce qui se passe parce que l’heure est grave quand même, mais annoncer la grande dépression des années 20 me semble assez parano pour le moment. C’est sûr que ça se peut, tout est possible. Si je t’avais dit l’an passé que le prix du porc allait augmenter de 80% et baisser de 50% dans l’espace de 6 mois on m’aurais envoyé à l’asile – et pourtant c’est ce qui est arrivé. J’parle du porc, pas de l’asile. M’enfin. Dans un monde ou tout va de plus en plus vite, j’ai de la misère à me faire à ce concept d’une décennie de dépression. Il y a un siècle le monde ne tournait pas aussi vite qu’aujourd’hui. Les gens allaient au magasin général et commandaient une pièce de quelque chose et ça l’arrivait des mois plus tard. Pas d’internet, pas de mondialisation. Aujourd’hui on est en maudit si le produit n’est pas disponible drette-là, ou que le Amazon Prime n’arrive pas en 24 heures directement à la maison. J’exagère peut-être, mais vous comprenez. Tout va vite. On n’attend plus à la semaine d’après pour écouter le prochain épisode des Filles de Caleb – on s’claque la série d’une shot sur le Flix. On n’a plus le temps de prendre notre temps. Le vidéo YouTube qui dure plus que 3 minutes nous emmerde et on le fast forward. On s’appelle pu, on s’texte.

Je suis un optimiste, dans ce monde où ça va (des fois trop) vite, on a de la misère à s’adapter, analyser, voir clair et respirer par le nez. Si ça baisse vite, peut-être que ça peut remonter plus vite qu’on le pense. C’est un peu du wishful thinking, mais oui j’ai espoir. Un espoir prudent.

Moi ce weekend avant que la bourse reparte ses mongoleries je vais prendre le temps de prendre mon temps, le timing n’a jamais été aussi bon. Et je vais aller prendre de l’air dehors comme quand j’étais ti-cul. Je vais aller avec mon gros chien Sam me promener dans les bois. Pas à deux mètres des autres, À DES KILOMETRES de tout le monde. J’vais dans le bois parce que THERE’S NO WAY que je vais faire un workout de yoga avec les influenceurs sur Facebook Live.

Ok, bye!

SIMON BRIERE

Stratège de marché chez R.J. O'Brien & Associés Canada Inc.
Tel: (514) 218-6888
Courriel : sbriere@rjobrien.com  

Avertissement :

Le contenu et les opinions exprimés dans le présent commentaire sont uniquement ceux de l'auteur(s) et ne sont pas nécessairement partagés par R.J. O'Brien & Associés Canada Inc. Les données et observations présentées ici ne sont fournies qu'à titre informatif et ne doivent pas être interprétées comme une indication ou garantie de rendement futur des marchés concernés. Le risque de perte dans les contrats à terme ou les options sur marchandises peut être important et ne convient pas à tous les investisseurs. Contactez votre représentant de compte pour plus d'informations sur ces risques. Les informations et les opinions contenues dans le présent document proviennent de sources jugées fiables, mais ne sont pas garanties quant à leur exactitude ou leur exhaustivité. Veuillez examiner soigneusement votre situation financière avant de prendre des décisions de transaction. R.J. O'Brien & Associés Canada Inc. est un membre de l' Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) et le Fonds canadien de protection des épargnants (FCPE).


Partager cet article