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Nouvelles RJO'Brien

RJO - Extra viande

05 mars 2020, RJO'Brien

Bonjour,

Statistiques d’abattage aux États-Unis

Porc

Les histoires des coronavirus continuent de prendre toute l’actualité en otage. La Californie est maintenant sur les rangs et vient de déclarer des mesures d’urgence en raison du premier décès relié au coronavirus. L’Italie tourne aussi au ralenti et plusieurs millions d’élèves dans le monde n’ont pas de classe en raison de la fermeture temporaire des écoles. Le monde financier demeure très fragile et la volatilité est très élevé (VIX). Les échanges économiques sont au ralenti et la logistique mondiale est déstabilisé.

La firme Rabobank a publié une note ce matin affirmant que le coronavirus pourrait faire dérailler le plan de reconstruction du cheptel porcin en Chine pour 2020. L’organisme déclare que les efforts de démarrage pourraient reprendre seulement après juin 2020. Le manque de ressources financières, de main-d’œuvre et d’une logistique déficiente provoquent ce retard. Le gouvernement chinois veut intervenir et garantir les prêts commerciaux/agricoles pour les producteurs et autres intervenants. 

Incidemment, le pays pourrait voir sa production porcine en 2020 réduire entre 15 & 20% par rapport à 2019. Les importations en 2019 ont augmenté de 67%. Les 3 principaux pays fournisseurs auront été l’Espagne, l’Allemagne et les Etats-Unis. De plus, à l’échelle mondiale, on prévoit une diminution de 10% de la production.

Par contre, les analystes affirment qu’il devient difficile de prédire la consommation en raison de l’effet du coronavirus et les fermetures d’entreprises alimentaires (restaurants, détaillants, etc).

Malgré la trêve en les Etats-Unis et la Chine et des exportations en hausse depuis quelques semaines, le tout peut dérailler. Par contre, le secrétaire américain à l’agriculture, M. Perdue, a mentionné que la Chine devrait respecter l’entente de janvier.  Les Etats-Unis ont longtemps exporté près de 22%/23% de leur production, mais cette proportion a grimpé à 28% récemment et on sent que le pays devient plus dépendant de cette voie pour écouler le surplus de production.

Il sera intéressant de voir comment la Chine va gérer le prix du porc sur son territoire. Le niveau de prix du porc demeure élevé, mais le prix des porcelets a récemment atteint de nouveaux sommets. Les autorités maintiennent les prix sous contrôle le plus possible en utilisant les inventaires nationaux. Depuis le début de l’année 2020, les autorités ont dû relâcher pas moins de 200 000 tonnes de viandes. Il faut des prix attrayants pour le producteurs afin de relancer la production, mais aussi satisfaire les consommateurs chinois avec des prix nettement plus abordables que ceux qui prévalent présentement.

Prix du porcelet en Chine - $US/kg

Prix du porc en Chine - $US/kg

Rabobank mentionne aussi la propagation du virus de la fièvre porcine africaine en Europe. S’il fallait que le virus n’entre en Allemagne, ceci pourrait encore une fois provoquer une onde choc sur les prix mondiaux.

Bref, une autre année volatile à l’horizon et malgré la déprime des prix en cette fin d’hiver, tout n’est pas perdu pour le reste de l’année.

Avec une dollar canadien aussi bas ces temps-ci, il est judicieux de considérer séparer le processus décisionnel de mise en marché.

Le focus américain demeure cependant sur la production locale (toujours en hausse par rapport à 2019). Le rapport Hog & Pig qui sortira le 26 mars prochain sera encore une fois très intéressant. (tenant compte de l’augmentation notable des abattages de truies cet hiver +8.1% par rapport à 2019). 

Bœuf

Les cours des contrats à terme des bouvillons sont étroitement aux fluctuations boursières reliés au Dow Jones ou au S&P 500. On parle souvent de l’effet de richesse ou de ruissellement que les bonnes performances boursières provoquent dans l’économie réelle. Le prix du bœuf est directement impacté par cet effet. Le problème présentement demeure que l’économie mondiale et américaine pourrait rouler au ralenti et ce pour encore plusieurs semaines. Tourisme et la restauration sont les premiers touchés par les mesures de confinement et de quarantaine. Ainsi si les gens fréquentent moins les restos, la consommation de viande de bœuf va avoir tendance à diminuer. Le Restaurant Performance Index sera intéressant à décrypter. Les données de janvier montrait une hausse de 0.7% pour se situer à 101.8. Quand l’indice se situe au-dessus de 100, c’est le signe que l’industrie est en expansion et sous le niveau de 100, les restos sont en mode contraction. En janvier, les restaurateurs envisageait une croissance de l’indice à 102 sur un horizon 6-mois. 

Avec l’annulation d’événements publics aux Etats-Unis et dans le monde, il est bien possible que le nombre de tonnes de viande de bœuf pourrait encombrer les différents inventaires. 

Les prix au comptant dans les principaux états producteurs aux Etats-Unis se situent autour de $113 USD / 100 livres.

FREDERIC HAMEL, CFA 

Stratège de marché chez R.J. O'Brien & Associés Canada Inc.
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