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Nouvelles Philip Shaw

Tellement d’accessoires pour semoir de maïs, mais il va aussi nous falloir la foi.

18 mars 2019, Philip Shaw

C'est difficile à croire, mais nous nous approchons de la fin mars.  Dans cette partie de l'Ontario, l'hiver a été doux jusqu'à maintenant, même si je le dis avec une certaine prudence, car il y reste encore un peu d'hiver à passer.  La lente marche vers le printemps se poursuit et bientôt, dans tout le pays, on sortira les semoirs à maïs. 

Il y a évidemment beaucoup de débats cette année sur la quantité de maïs qui sera semée aux États-Unis, surtout avec les problèmes que nous avons eus sur le marché du soya à cause de la guerre commerciale en cours avec la Chine et les États-Unis.  Au début février, l'USDA a publié des estimations préliminaires qui évaluent à 92 millions d'acres la superficie consacrée au maïs aux États-Unis et à 85 millions d'acres celle consacrée au soya.  Ces chiffres de février de l'USDA ne sont que des hypothèses ; nous devrons attendre jusqu'au 31 mars pour obtenir des chiffres officiels pour commencer la saison de récolte en fanfare.  

Ça ne fait que quelques années que j'ai commencé à fréquenter des cliniques de plantation de maïs.  Dans cette partie de l'Ontario, Kearney Planters of Turin Ontario est une entreprise qui organise souvent une journée de formation technique pour les semoirs à maïs.  En fait, dans le passé de nombreuses entreprises de semences de maïs ont travaillé avec les planteurs Kearney pour aider les producteurs à tirer le meilleur parti de leur semoir.  Votre fidèle chroniqueur ne se considère pas comme un génie de la plantation de maïs, alors j'essaie toujours d'apprendre quelque chose. Je ne suis jamais déçu, j'apprends toujours beaucoup sur la plantation du maïs.  

En termes simples, lorsqu'il s'agit de semoirs à maïs, beaucoup de progrès ont été faits. Il vous suffit de déterminer le budget que vous voulez y consacrer. Quel genre de moniteur voulez-vous? Vous voulez que les rangées soient fermées?  Et quel type de pression descendante et   ascendante voulez-vous sur vos déclencheurs? Pendant que nous y sommes, pourquoi ne pas ajouter quelques compteurs électriques à votre semoir à maïs et bien sûr, nous voulons tous rouler à 10 miles à l'heure.  Quel genre de retour sur investissement obtiendrons-nous de tous ces planteurs hyper équipés ?

J'en parle parce que l'autre jour, j'ai entendu un reportage dans les médias qui disait que l'hiver allait s'éterniser dans le Midwest américain, ce qui pourrait retarder les semis de maïs au printemps. C'est un problème presque annuel du marché du maïs, mais il semble être davantage une expression à la mode parmi les "régurgitants" du marché agricole. Au fil du temps, je pense que nous avons prouvé qu'en tant qu'agriculteurs, grâce à la technologie, nous pouvons faire nos semis assez rapidement.  Avec les progrès technologiques du nouveau semoir à maïs, je pense que nous devrions mettre un terme à cela. La simple tâche de planter du maïs peut avoir un impact énorme sur les résultats financiers des agriculteurs et, de plus en plus, cela se fait à la vitesse de l'éclair avec un équipement qui le fait mieux que jamais auparavant.  

Chaque année est différente, ce qui peut rendre la plantation de maïs très difficile.  Par exemple, j'aime m’y mettre n'importe quand après le 20 avril si la terre le permet. Je sais que mes nombreux amis du Québec en font autant. Généralement, cela signifie que les rendements sont plus élevés à l'automne. Après la débâcle de DON dans le maïs en 2018, de nombreux agriculteurs du sud-ouest de l'Ontario espèrent avoir plus de chance cette saison. Une multitude d'opinions et de recherches sont actuellement en cours en Ontario pour tenter d'atténuer toute flambée future de DON dans le maïs ontarien. Mes amis du Québec peuvent s'estimer chanceux de ne pas y avoir participé. 

Bien sûr, il y en a toujours qui ont aussi besoin d'en rajouter. Nous pouvons faire toutes sortes de recherches pour atténuer le DON en Ontario et au Québec, mais nous avons aussi besoin d'un plan B pour le maïs, comme je l'ai mentionné il y a quelques semaines.  Les régimes d'assurance-récolte doivent être améliorés pour couvrir les infections au DON. Les rabais consentis par les utilisateurs finaux, qui sont 9,5 fois plus élevés en Ontario qu'au Michigan, doivent être ajustés. Les agriculteurs du Québec doivent être vigilants à cet égard.

Les acres de maïs de l'Ontario et du Québec ne sont pas perdues pour autant. Avec 200 $ la tonne de maïs et plus dans l'Est de l'Ontario et au Québec, on pourrait penser qu'avec la situation actuelle, l'Ontario devrait ensemencer 2,1 millions d'acres de maïs cette année, et le Québec devrait suivre le mouvement avec, 1 million d’acres.  La demande de maïs a été forte en Ontario et au Québec, en partie grâce aux exportations vers l'Europe dans le cadre d'un AECG amélioré, mais aussi grâce à notre production collective d'éthanol. Le quota d'éthanol de l'Ontario a été porté à 10%, ce qui est très bien. On doit juste garder ce DON sous contrôle. 

Cela dépendra en grande partie des conditions météorologiques estivales, qui semblent bien loin pour l’instant, surtout avec la neige et les températures négatives qui se succèdent sur le terrain.  Inutile de dire que les conditions météorologiques estivales seront très favorables cette année en ce qui concerne la taille des stocks de la récolte américaine et, bien sûr, le prix.  Tout le monde veut du maïs haussier, mais malheureusement, il est encore difficile de le garantir.  En attendant, nous nous préparons pour la plantation du printemps.  Malgré tous ces accessoires pour semoir à maïs, il va nous falloir aussi un peu de foi.

 


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