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Nouvelles Philip Shaw

Les grains ont fait défaut tôt cette année!

15 juin 2018, Philip Shaw

Je me suis rendu chez mon vendeur local de semences en début de semaine.  En achetant des grains de soya supplémentaires, un agriculteur m'a répondu : "Hé Phil, plante-les bien cette fois-ci !  Bien sûr, tout le monde a ri. Les premiers semis de soya de la saison dans le Sud-Ouest de l'Ontario peut représenter un grand saut dans l'inconnu. On dirait qu'ici, chaque année, je replante toujours du soya. 

Comme vous le savez tous, je ne suis pas agronome, mais je connais une ou deux choses sur le soya. Au fil des ans, j'ai resemé de nombreuses fois. Selon mes amis agronomes, le moment critique pour la levée du soya sont les premières 48 heures après les semis. Chaque soya que j'ai planté le 1er juin a eu beaucoup de mal à sortir du sol. 30 heures après la fin des semis, nous avons reçu un avis de risque de 6/10 de pluie froide. Pour une raison inconnue, mes fèves de soya ont été ensevelies, et il était peu probable qu'elles produisent un rendement satisfaisant. Comme nous le savons tous ici, il n'y a pas à hésiter, on y va et on resème. 

Le 12 juin, j'ai fini de semer du soya pour ce que j'espère être la dernière fois. Je suis sur le qui-vive depuis 48 heures, mais j'ai l'impression que je vais y arriver cette fois-ci. Avec des températures de 32°C ce week-end, peut-être que mes deuxièmes semis me donneront la récolte record que j'ai toujours espéré.

Bien sûr, comme nous le savons tous, en tant qu'agriculteurs, c'est une chose de cultiver une culture et une autre chose de la commercialiser. Notre marché des grains a plongé dernièrement et nous avons été nombreux à réfléchir à nos options. Il y a environ six semaines, j'ai écrit une chronique sur la période critique de fixation des prix des grains en mai et juin jusqu'à la fin de semaine du 4 juillet. En 2017, on a constaté que l’échéance de décembre du maïs à Chicago a plafonné au début juillet et en 2016, c'était le 18 juin. L’échéance de décemnre 2018 fera-t-elle la même chose en 2018 ? J'ai pensé que c'était une hypothèse raisonnable. J'ai pensé que nous pourrions observer quelque chose de semblable dans le soya. Il va sans dire que les prix des céréales ont finalement beaucoup baissé au cours des dernières semaines.

Prenons l'exemple du maïs de décembre 2018. Le 24 mai, le premier jour où j'ai semé du soya, il a atteint un sommet à 4,29 $ pour redescendre à 3,87 $ le boisseau le 11 juin. Le 13 juin dernier, il se situait à 3,97 $ le boisseau. Le contrat de juillet est à son point le plus bas depuis environ trois mois. En ce qui concerne le soya, le 29 mai, le prix du soya a atteint 10,42 cents le boisseau, mais il a depuis lors chuté en franchissant un seuil, actuellement à 9,55 $ le boisseau. En trois semaines, nous avons perdu 87 cents/boisseau dans le soya. Bref, le marché du soya s'est effondré.

Comme vous le savez tous, je ne suis pas un génie du marketing, mais j'ai fait plusieurs observations dans cette chronique au cours des derniers mois sur l'importance des offres de vente cible (GTC – Good ‘TIL Cancelled). Il y a un mois, en Ontario et au Québec, on était à 5 $ pour le maïs et 13 $ pour le soja directement de la moissonneuse-batteuse, simplement en ayant appliqué des offres de vente. Elles peuvent êtres atteints pendant que vous dormez ou que vous conduisez le tracteur et ils sont toujours d'actualité, même dans un marché baissier.  

Mardi dernier, le département de l'Agriculture des États-Unis a sonné l'alarme avec son dernier rapport WASDE. Pour 2018/19, ils maintiennent la production de maïs à 14,040 milliards de boisseaux, le rendement moyen étant fixé à 174 boisseaux/acre. Le département américain de l'Agriculture a estimé la récolte de soya à 4,280 milliards de boisseaux avec un rendement moyen de 48,5 boisseaux à l'acre. Évidemment, c'est une des principales raisons pour lesquelles les marchés céréaliers ont chuté. D'autres faits marquants du rapport ont vu les stocks de maïs en fin de campagne aux États-Unis chuter de 105 millions de boisseaux, la récolte de maïs du Brésil diminuant de 2 millions de tonnes et celle de la Russie de 3,5 millions de tonnes. Le département américain de l'Agriculture (USDA) a augmenté la demande de trituration du soya de 30 millions de boisseaux sur deux ans. Les stocks mondiaux de blé ont été augmentés, mais l'estimation de la récolte russe a été réduite de 3,5 MMT.

Les agriculteurs de l'Ontario et du Québec ont encore une fois bénéficié de la baisse du dollar canadien en cette période de baisse des prix des grains. Le dollar canadien a en fait chuté au niveau de 0,76 $ US, ce qui a aidé les niveaux de base du soya et du blé. Par exemple, le prix de base de l'ancienne récolte de soja en Ontario se situe entre 2,32 $ et 2,42 cents le boisseau par rapport aux prix à terme du soya de juillet. Du point de vue des prix fixes, cette base est encore très saine, même dans un environnement de contrats à terme à la baisse.

Manifestement, personne ne sait ce qui nous attend en ce qui concerne les marchés des grains. Nous savons tous que les conditions météorologiques des cultures, surtout au cours des trois à quatre prochaines semaines, seront cruciales pour la production de maïs aux États-Unis. La pluie en août détermine toujours la récolte de soya. Il y a aussi le rapport du 29 juin du département de l'Agriculture des États-Unis, qui mettra à jour la superficie, les stocks et le rendement de la nouvelle récolte, ainsi qu'une foule d'autres statistiques. Cela nous mènera jusqu'au week-end du 4 juillet, lorsque le marché décide parfois, que « la récolte est faite ».

Nous verrons donc. Nous avons encore toutes ces « négociations tarifaires » entre la Chine, les États-Unis et, malheureusement, le Canada et le Mexique.  Cela pèsera également sur le marché. Le chemin à parcourir est parsemé d'analystes qui pensaient savoir ce que le marché des grains allait faire. Je continue à avancer. Tenez à jour vos offres de vente à prix cible à jour.

 


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