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Nouvelle

Ça swing dans les marchés

22 mai 2018,

Beaucoup de volatilité, pour le moment positif, pour les prix des grains. À Chicago, le prix du maïs récolte (CàT Déc. 18) tente toujours de se dissocier de sa résistance précédente, en hausse aujourd’hui de +0,0250 à 4,2350 $US/bo., l’échéance immédiate (CàT Juillet 18) en hausse également de +0,0250 à 4,0475 $US/bo..

Avec l’annonce d’une entente « possible » entre la Chine et les États-Unis, le marché du soya n’est pas en reste, gagnant +0,08 à 10,3050 $US/bo. sur l’échéance de juillet 18 et +0,08 à 10,39 $US/bo. sur l’échéance récolte (CàT Nov. 18). Depuis ses creux la semaine dernière, le marché du soya aura ainsi gagné près de 0,40 $US/bo..

Le marché du blé ne donne pas sa place non plus en raison des inquiétudes de conditions trop sèches dans plusieurs pays, en nette hausse aujourd’hui sur l’échéance de juillet 18 de +0,14 à 5,2150 $US/bo. à Chicago, +0,1125 à 6,33 $US/bo. à Minneapolis (blé de printemps) et +0,14 à 5,4050 $US/bo. à Kansas (blé d’hiver).

Hier, le rapport hebdomdaire les ensemencements et l’état des cultures aux États-Unis a confirmé que les semis progressent toujours très rapidement, le maïs à 81% complété (moy. 5 ans de 81%), le soya à 56% (moy. 5 ans de 46%) et le blé de printemps à 79% (moy. 5 ans de 80%).

L’émergence des cultures se déroule également très bien, le maïs à 50% (moy. 5 ans de 47%), le soya à 26% (moy. 5 ans de 15%) et le blé de printemps faisant bande à part avec toujours du retard à 37% (moy. 5 ans de 52%).

Ce sont surtout les états plus au nord du Midwest (Plaines américaines) qui affichent toujours un certain retard dans leur début de saison.

Pour les prochains jours, des précipitations régulières sont prévues pour une bonne proportion des régions de productions aux États-Unis. Cependant, les marchés ont à l’œil les prévisions 6-10 puis 8-14 jours qui proposent toujours des températures nettement au-dessus des normales saisonnières, avec peu de précipitations à prévoir au cours de cette période.

Maïs
Le marché du maïs tente toujours de gagner de la traction supplémentaire, les marchés continuant de jongler entre une bonne progression des ensemencements et de bonnes conditions de début de saison aux États-Unis, mais également une forte demande et certaines incertitudes qui persistent pour la 2e récolte de maïs au Brésil. SAFRAS a réduit sa prévision pour la récolte du Brésil à 79,02 millions de tonnes, le USDA se situant à 87 millions de tonnes et la récolte de l’an dernier à 98,5 millions de tonnes.

Hier, les inspections hebdomadaires à l’exportation de maïs américain ont été de 1,527 millions de tonnes, dans les attentes des marchés, mais près de 30% plus élevées qu’à pareille date l’an dernier. L’écoulement des stocks américains via leurs exportations se poursuit donc à un bon rythme, ce qui est positif.

À Chicago, le marché du maïs a démarré la semaine en force, atteignant aujourd’hui un nouveau sommet sur l’échéance récolte à 4,25 $US/bo. (CàT Déc. 18), l’échéance de juillet 18 demeurant par contre sous la barre de sa dernière résistance à 4,08 $US/boisseau. Techniquement, la tendance haussière effective depuis janvier reste effective. On note cependant que les prix se situent très près de la résistance du canal haussier en place, ce qui invite à une certaine prudence.

Soya
Après plus de trois semaines très difficiles, le marché du soya aura effacé toute trace de son revers amorcé avec l’annonce de la menace chinoise d’une taxe à l’importation sur le soya américain, de retour au-dessus de la barre du 10,30 $US/boisseau.

Bien entendu, l’annonce d’un possible accord Chine/États-Unis n’est certainement pas étrangère à cette fermeté. Par contre, en Argentine, la fin de la récolte est aussi affectée par des conditions beaucoup trop humides, et des pertes sont à prévoir. C’est d’ailleurs ce qu’estime le Dr Cordonnier, qui a abaissé aujourd’hui sa prévision de -1 à 36 millions de tonnes, le USDA se situant pour sa part à 39 millions de tonnes.
Toujours en Argentine, une grève des transporteurs ralentit également l’acheminement du soya destiné à l’exportation.

Aux États-Unis, le rapport hebdomadaire des inspections à l’exportation de soya américain présenté hier aura ajouté une touche de fermeté supplémentaire avec de fortes inspections la semaine dernière de 893 680 tonnes, nettement plus que les anticipations des marchés de 400 000 à 700 000 tonnes, et une hausse remarquable de plus de 170% par rapport à la même semaine l’an dernier.

À Chicago, le regain d’optimisme des marchés à l’égard du marché du soya se sera très bien faire depuis deux jours, avec un « gap » des l’ouverture des marchés ce lundi. Par contre, malgré cette fermeté du marché du soya, le tourteau demeure pour sa part sous pression, toujours écrasé par sa tendance court terme baissière, en baisse aujourd’hui de -1,0 à 377,50 $US/TC. Pour les prochains jours, le marché du soya à Chicago a encore à faire ses preuves, avec des résistances plus importantes à surveiller à 10,35 $US/boisseau sur juillet 18, et 10,40 $US/boisseau sur nov. 18.

Blé
Le marché du blé se montre particulièrement volatil et nerveux depuis son rebond de la dernière semaine, alors que les marchés tentent d’évaluer avec justesse les « possibles » répercussions des mauvais débuts de saison dans plusieurs pays :

  • Aux États-Unis l’émergence tardive des cultures de blé de printemps et les conditions sèches dans le nord des Plaines américaines préoccupent. Les dernières prévisions de conditions sèches également plus au sud pour les cultures de blé d’hiver ne laissent pas indifférentes.
  • En Australie où une sécheresse préoccupe, donnant suite à celle déjà observée l’an dernier.
  • Dans la région de la Mer Noire (Ukraine et Russie), plusieurs régions sont très sèches. En Russie, de récentes précipitations ont calmé le jeu. Mais, selon le ministère de l’Agriculture, une sécheresse importante demeure à craindre pour la période du remplissage des grains.
  • Au Canada, dans le sud des Prairies (Saskatchewan et Manitoba) des précipitations devraient finalement profiter aux cultures d’ici la semaine prochaine. Il reste à voir si elles seront suffisantes pour tempérer les effets des conditions sèches des dernières semaines.

À Chicago, le prix du blé tente de nouveau sa chance vers ses derniers sommets, à l’approche de 5,40 $US/boisseau sur l’échéance de juillet 18. Une bonne résistance préalable cherche cependant à se faire sentir et est à surveiller à 5,30 $US/boisseau. À Minneapolis (blé de printemps) tente également pour une énième fois de franchir le cap important de 6,40 $US/boisseau. Le début d’une tendance haussière plus intéressante cherche à prendre forme, ce qui est encourageant en ce sens. Une fermeture pour la semaine au-dessus de 6,40 $US/boisseau serait un signal intéressant pour la suite des choses.


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