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Nouvelle

Bon début de saison, les marchés indécis

17 mai 2018,

Les prix des grains demeurent très indécis, avec un biais baissier qui continue de se faire sentir, spécialement pour le marché du soya. Des inquiétudes météo dans plusieurs régions du globe auront toutefois supporter un peu plus de fermeté dans les marchés du blé.

Aux États-Unis, les dernières prévisions proposent des précipitations variables mais régulières pour les sept prochains jours dans la plupart des régions du Midwest et des Plaines américaines. Plus au nord, avec le retard des ensemencements de blé de printemps qui persistent, certains s’interrogent toujours sur les superficies qui pourront vraiment être semées dans les temps, puisque de bonnes précipitations cumulatives sont encore attendues.

On note aussi que plus au nord et à l’est du Midwest, de bonnes précipitations cumulatives sont attendues, ce qui pourraient aussi ralentir les ensemencements de maïs et soya. Par contre, à priori, le début de saison demeure beaucoup plus prometteur que ce qui se profilait à l’horizon en avril dernier. Pour les cultures déjà semées, les températures au-dessus des normales prévues pour encore 2 semaines combinées à des précipitations régulières devraient assurer une très bonne émergence.

En Amérique du Sud, le sud du Brésil aura profité de bonnes précipitations dans les derniers jours pour la 2e production de l’année en maïs (Safrinha). Les prévisions proposent encore de bonnes averses jusqu’à ce dimanche. Par contre, ces conditions humides surviennent un peu trop tard alors que les cultures ont passé le stade de la pollinisation. Sur le terrain, les dernières observations tendent à confirmer des cultures comportant des dommages irréversibles.

Dans le cas du blé, outre les conditions météo aux États-Unis, les marchés ont à l’œil les conditions très sèches observées également au Canada, en Russie et en Australie où la saison débute également. Et, les marchés demeurent nerveux avec raison. Selon les dernières prévisions météo, au Canada, seul le sud-est du Manitoba devraient profiter de bonnes averses, alors qu’en Australie, aucune précipitation n’est toujours attendue sur un horizon de deux semaines. Seul les principales régions de production en Russie devraient profiter de bonnes averses au cours des deux prochaines semaines.

Différence de l'humidité du sol par rapport à la moyenne - Source: Statistique Canada

Maïs
Le marché du maïs à Chicago n’aura pas donné suite à son timide rebond de mardi. Plusieurs analystes se montrent confiants qu’il a la capacité de progresser davantage au cours des prochaines semaines. Mais, dans l’immédiat, la progression rapide des ensemencements américains, les conditions favorables à l’émergence des cultures ainsi que l’idée que les superficies ensemencées « pourraient » être plus importantes que prévues invitent les marchés à la prudence. Les conditions plus humides dans le sud du Brésil ajoute également une touche de négativité supplémentaire dans le marché.
Hier, le rapport hebdomadaire sur la production d’éthanol aux États-Unis aura été de nouveau positif, proposant pour la dernière semaine une production de 1,058 barils/jours, en hausse de 3% par rapport à la même période l’an dernier. De plus, les stocks d’éthanol ont reculé à 21,5 millions de barils, signe que même avec plus de production, la demande est au rendez-vous.

Aujourd’hui, le rapport hebdomadaires sur les exportations américaines de grains aura fait état de ventes pour la semaine dernière de 985 702 tonnes ancienne récolte, et 129 240 tonnes nouvelles récoltes. Le total des ventes est dans le haut des attentes des marchés, ce qui est positif.

À Chicago, le marché du maïs apparait toujours sous l’emprise d’une tendance court terme baissière, avec un bon support à surveiller à 3,94-3,95 $US/bo. sur l’échéance de juillet 18 et 4,10-4,12 $US/bo. sur celle récolte (CàT Déc. 18).

Soya
Le marché du soya aura clôturé à un nouveau creux inégalé depuis février dernier à Chicago. Les chiffres hebdomadaires d’exportations de soya américain ont déçu, les marges de trituration et la demande en Chine sont défavorables, la compétition en provenance du Brésil est forte avec le recul du Réal brésilien et les marchés demeurent très nerveux concernant les négociations commerciales en cours entre la Chine et les États-Unis. Ajoutant une touche de négativité supplémentaire, les conditions demeurent dans l’ensemble très favorables pour les ensemencements américains de soya, plusieurs analystes jugeant plausible que les superficies ensemencées seront supérieurs aux 89 millions d’acres d’annoncé à la fin mars dernier.

Aujourd’hui, le rapport hebdomadaires des exportations de grains du USDA a déçu avec des ventes de seulement 281 850 tonnes pour l’ancienne récolte et de 224 650 tonnes pour la nouvelle récolte.

À Chicago, après plusieurs jours d’hésitation, le marché du soya a clôturé sous la barre du niveau clé de 10,00 $US/bo. sur l’échéance juillet 18, et 10,10 $US/bo. sur celle de novembre 18. Pour les prochains jours, il faut surveiller de très près de derniers supports à 9,94-9,95 $US/bo. sur juillet 18 et 10,00 $US/bo. sur l’échéance récolte (CàT Nov. 18). Un passage sous ces niveaux laisserait la voie libre à un recul plus important des prix.

Blé
Le marché du blé semble « finalement » avoir trouvé un peu de traction pour écarter sa forte tendance baissière amorcée au début mai. Les conditions dans plusieurs régions du globe sont incertaines pour débuter la saison, spécialement aux États-Unis, au Canada, en Russie et en Ukraine, ainsi qu’en Australie.

Aux États-Unis, dans le sud des Plaines, des précipitations sont attendues, mais apparaissent insuffisantes et incertaines pour les prochains jours. On rapporte aussi de la grêle et de forts vent qui pourraient avoir endommagés les cultures au Kansas. Plus au nord, les conditions plus humides pourraient de nouveau ralentir la fin des ensemencements, bien qu’on rapporte que certains producteurs devraient les avoir maintenant complétés.

En Australie, avec très peu de précipitations encore attendues au cours des 2 prochaines semaines, BMI Reseach a réduit sa prévision de récolte de blé à 22,2 millions de tonnes, le USDA se situant à 24 millions de tonnes et ABARES à 23,7 millions de tonnes. Rappelons que l’an dernier, en raison de conditions trop sèches, la récolte avait également déçu à seulement 21,5 millions de tonnes contre une récolte record l’année précédente de 30,36 millions de tonnes.

Dans son rapport hebdomadaires d’exportations de grains, pour la dernière semaine, le USDA n’a rapporté que des ventes de 131 681 tonnes pour l’année commerciale 2017-18 qui tire à sa fin le 31 mai prochain, un résultat sous les attentes des marchés.

À Chicago, le marché du blé aura su profité des incertitudes météo pour bondir à l’approche de son support 4,85 $US/bo. sur juillet 18. Par contre, il faut demeurer prudent à l’idée d’un renversement définitif à la hausse considérant que, suivant son important recul depuis son sommet du 3 mai à près de 5,40 $US/bo., le marché du blé était mûr pour une correction dans un contexte « survendu ». Le blé d’hiver sur le marché de Kansas a également bondi sur son support à l’approche de 5,00 $US/boisseau, en hausse aujourd’hui de +0,05 à 5,19 $US/boi., le blé de printemps à Minneapolis suivant la parade avec rebond sur son support à l’approche de 6,00 $US/bo., en hausse aujourd’hui de +0,0350 à 6,1475 $US/bo..


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