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Nouvelle

La pluie fait le grain

23 juin 2017,

Les derniers jours auront été difficiles pour les prix des grains qui ont dû composer avec des conditions météo plus favorables pour les cultures américaines. La dernière mise à jour du NOAA propose de bonnes précipitations et du temps relativement frais pour pratiquement l’ensemble du Midwest et des Plaines américaines pour débuter le mois de juillet.

Rappelons que le NOAA prévoit que le mois de juillet sera anormalement chaud. Cependant, à priori, ce ne semble pas le cas et les marchés n’ont pas manqué de s’ajuster en conséquence dans les derniers jours.

Au net, à Chicago, la dernière semaine aura vu le contrat pour livraison immédiate (CàT Juillet 17) encaisser un fort recul de près de -0,20 à 3,59 $US/boisseau. Il s’agit pour cette échéance de sa plus faible fermeture hebdomadaire depuis la fin août l’an dernier. Le contrat livraison immédiate (CàT Juillet 17) du soya aura été fortement malmené également, affichant une baisse hebdomadaire de -0,31 à 9,0550 $US/boisseau, la plus faible fermeture hebdomadaire pour cette échéance depuis mars l’an dernier.

L’exception à la règle demeure le marché du blé de printemps à Minneapolis qui a connu une excellente semaine, grimpant aujourd’hui à un nouveau sommet à 6,73 $US/boisseau (CàT Juillet 17) pour clôturer la semaine avec un gain nette de +0,1850 à 6,6125 $US/boisseau. Par contre, malgré l’engouement des marchés pour le blé de printemps à Minneapolis, celui à Chicago n’aura pas su éviter un recul dans les derniers jours pour une légère baisse nette de -0,0325 à 4,60 $US/boisseau (CàT Juillet 17). 

Hier, le rapport hebdomadaire sur les exportations et ventes à l’exportation de grains américains a proposé des chiffres mixtes. Les ventes de maïs ont été dans les attentes à 528 800 tonnes pour la récolte 2016-17. Par contre, celles de soya ont été faibles à seulement 111 200 tonnes, sous les anticipations de 200 000 à 400 000 tonnes. Pour leur part, les ventes à l’exportation de blé américain auront été très intéressantes à 542 900 tonnes versus des prévisions de 300 000 à 500 000 tonnes. 

Fondamentalement, le retour de conditions plus humides avec des températures dans la normale à plus fraiche penche en faveur d’une météo favorable alors que la période de la pollinisation dans le maïs n’est plus qu’à quelques semaines de débuter aux États-Unis. Il est bien entendu prématuré de parler de bonnes conditions pour cette période. Néanmoins, avec les stocks américains de maïs importants de cette année, et ceux « confortables » actuellement prévu pour l’an prochain, les marchés ne semblent tout simplement pas prêts à justifier plus de fermeté dans le prix du maïs pour le moment.

Même son de cloche du côté du soya avec une touche de négativité supplémentaire qui n’aura d’ailleurs pas manqué sans aucun doute d’entrainer le marché du maïs avec lui. Dans les faits, il apparaît de plus en plus probant le marché du soya devra composer avec une autre récolte américaine très importante suivant celles sud-américaines déjà record de cette année, et la récolte record américaine de l’an dernier.

Seul le marché du blé affiche présentement un contexte plus « positif » alors que les cultures de blé de printemps sont mises à mal aux États-Unis et dans le sud du Canada. 

Il sera très intéressant la semaine prochaine de garder à l’œil les résultats des rapports du USDA qui seront publiés le vendredi 30 juin concernant les superficies ensemencées aux États-Unis cette année, et les stocks de grains américains au 1er juin dernier. Ces rapports recèlent encore la capacité de surprendre positivement les marchés, spécialement concernant le maïs. Les superficies cultivées pourraient s’avérer plus faibles que les 90 millions d’acres actuellement prévu, et une meilleure consommation sous-entendue par une diminution plus importante des stocks américains de maïs de mars à mai n’est pas impossible.

Statistique Canada présentera de son côté le jeudi 29 juin son rapport sur les superficies ensemencées cette année au Canada. Avec le mauvais début de saison dans les Prairies canadiennes, les marchés prévoient une diminution des acréages de 23,2 millions d’acres l’an dernier à en moyenne 22,7 millions d’acres. Le marché du blé pourrait alors trouver matière à s’apprécier davantage, déjà que les cultures de blé de printemps aux États-Unis sont en difficultés.

Techniquement, le revers des derniers jours du maïs à Chicago ne sera pas passé inaperçu aux yeux des marchés. La tendance haussière en place depuis la fin août dernier a été écarté sans difficulté, ce qui n’aura certainement pas manqué d’inviter les spéculateurs à s’investir à la baisse, exerçant alors une pression supplémentaire négative. Il faut maintenant surveiller un important support autour de 3,55-3,57 $US/boisseau (CàT Juillet 17) dans les prochains jours. La rupture de ce support laisserait la voie ouverte à un recul supplémentaire vers 3,50 $US/boisseau et moins.

Le marché du soya à Chicago continue de son côté de s’enfoncer, celui-ci testant maintenant le niveau clé de 9,00 $US/boisseau (CÀT Juillet 17). Le canal baissier amorcé en février dernier reste ainsi effectif, laissant miroiter que ce ne serait qu’une question de temps avant que le recul se poursuive sous ce niveau. Rappelons que le creux des dernières années pour le marché du soya à Chicago remonte à novembre 2015 à moins de 8,44 $US/boisseau, et plusieurs analystes n’excluent pas qu’il soit testé de nouveau dans les prochaines semaines/mois.

De son côté, malgré la fermeté du marché du blé de printemps à Minneapolis, le marché du blé à Chicago demeure confronter à une forte résistance qui se fait sentir à l’approche de 4,75-4,76 $US/boisseau. Pour les prochains jours, il faut garder à l’œil le support de 4,47-4,50 $US/boisseau (CàT Juillet 17). La rupture de ce support viendrait remettre en doute la tendance haussière en cours.


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