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Nouvelle

Marché des grains mixte

21 février 2017,

Les prix des grains ont démarré la semaine sur une note incertaine après une longue fin de semaine de trois jours.

La valeur du dollar américain est de retour à la hausse de manière plus marquée après certaines hésitations la semaine dernière. Aux yeux des marchés, ceci ne se veut pas favorable pour les prix des grains américains qui misent toujours sur un bon rythme des ventes américaines à l’exportation pour écouler les stocks très importants des dernières récoltes.

Heureusement, le dernier rapport hebdomadaire des inspections à l’exportation de grains américains publiés aujourd’hui aura été légèrement positif. Pour la semaine dernière : 

Maïs – 1,152 millions de tonnes, dans les attentes des marchés. Certains analystes s’interrogent cependant sur le rythme de ces inspections qui affichent toujours un retard important de 3,45 millions de tonnes pour atteindre la prévision d’exportations totales du USDA pour 2016-17.

Soya – 1,076 millions de tonnes, légèrement sous les anticipations. 

Blé – 558 252 tonnes. On s’inquiète ici aussi du retard qui s’accumule dans les inspections de blé américain qui affichent un retard de 2,48 millions de tonnes pour atteindre la prévision d’exportation du USDA 2016-17. Rappelons qu’il ne reste déjà que peu de semaines avant la fin de l’année commerciale du blé qui se termine le 31 mai prochain.

De nouvelles ventes à l’exportation de maïs (111 200 tonnes) et de blé (138 650 tonnes) américain ont été également annoncées au cours de la journée par le USDA.

En Amérique du Sud, on rapporte toujours dans l’ensemble de bonnes conditions pour les cultures en cours. Quelques inquiétudes persistent cependant du côté de l’Argentine où d’importantes précipitations dans l’Est des principales régions de production de grains ont été observées. On note par contre qu’à ce stade-ci, ces conditions trop humides auront surtout retardé le début des récoltes.

Au Brésil, Safras & Mercado rapporte que la récolte de soya serait maintenant complétée à près de 25%, en avance de 8% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Dans l’État numéro 1 de production du pays, le Mato Grosso, 52% de la récolte serait terminée, ici aussi en nette avance par rapport à la normale.

Rappelons qu’en raison de la récente fermeté du Réal Brésilien, les ventes des producteurs brésiliens tardent cette année. Cependant, avec une récolte record que certains prévoient même à plus de 105 millions de tonnes, tôt ou tard les répercussions se feront sentir sur les marchés d’exportations.

Aux États-Unis, le redoux de la dernière semaine se poursuit avec des températures qui resteront encore plus chaudes qu’à la normale pour les 6-10/8-14 prochains jours selon le NOAA. On craint toujours que les cultures de blé d’hiver ne sortent trop rapidement de leur dormance dans les Plaines américaines, s’exposant ainsi à des températures éventuellement trop froides par la suite.

Selon les prévisions de M. Drew Lerner de World Weather inc, une tempête hivernale devrait par contre apporter à la fin de la semaine un couvert de neige de 3 à 9 pouces d’accumulations dans certaines régions des Plaines américaines et du Midwest. Ceci devrait protéger les cultures de ces régions d’un risque de froid excessif.

Techniquement, les derniers jours auront vu les tendances haussières qui avaient pris forme à la fin janvier être écartées dans les marchés du soya, maïs et blé à Chicago. Dans l’immédiat, cette rupture ne permet pas à ce stade-ci d’envisager un revers et recul marqué des prix. Il faudra cependant être attentif à de premiers supports autour de 3,62-3,66 $US/boisseau dans le maïs (CàT Mars 17), 10,18 à 10,25 $US/boisseau dans le soya (CàT Mars 17) et 4,22-4,30 $US/boisseau dans le blé Chicago (CàT Mars 17).

À surveiller, cette semaine a lieu aussi le Forum des perspectives agricoles du USDA (Ag Outlook Forum) qui aura lieu ce jeudi et vendredi. Lors de cet évènement, les économistes du USDA proposeront des projections d’ensemencements aux États-Unis ce printemps. Ces données sont à prendre à la légère, mais n’en demeurent pas moins un premier repère sur lequel les marchés s’appuieront pour tenter d’élucider tranquillement ce que feront bel et bien les producteurs américains au printemps prochain.


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